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Rima Hassan jugée le 7 juillet pour apologie du terrorisme : ce que l’on sait

Rima Hassan jugée le 7 juillet pour apologie du terrorisme : ce que l’on sait

Le 2 avril 2026, l’eurodéputée LFI Rima Hassan a été placée en garde à vue par la police judiciaire parisienne. À l’issue, elle a reçu une convocation devant le tribunal correctionnel le 7 juillet 2026 pour « apologie du terrorisme commise en ligne ».

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Apologie du terrorisme, possession de drogue… Ce que l’on sait de la garde à vue de Rima Hassan

Rima Hassan est sortie libre de garde à vue le 2 avril 2026. Elle sera jugée le 7 juillet pour apologie du terrorisme commise en ligne.

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Que lui reproche-t-on ?

La justice reproche à Rima Hassan une publication mise en ligne le 26 mars 2026 sur son compte X. Dans ce post, accompagné des drapeaux japonais et palestinien, l’eurodéputée reprenait des propos attribués à Kōzō Okamoto : « J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. »

La publication était accompagnée d’un texte de présentation d’Okamoto. Le post a été supprimé après les signalements. L’enquête a été ouverte le 27 mars par le parquet de Paris, au sein du pôle national de lutte contre la haine en ligne. La publication avait été signalée le 30 mars par le ministre de l’Intérieur, puis des plaintes avaient été déposées par l’Organisation juive européenne (OJE) et la Licra.

Qui est Kōzō Okamoto ?

Kōzō Okamoto est l’unique survivant d’un commando de trois membres de l’Armée rouge japonaise ayant perpétré l’attentat de l’aéroport de Lod (aujourd’hui Ben Gourion) le 30 mai 1972, au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). L’attaque a causé 26 morts — dont 17 ressortissants américains de Porto Rico, 8 Israéliens et 1 Canadien — et environ 80 blessés. Okamoto a été condamné à la réclusion à perpétuité, puis libéré en 1985 dans le cadre d’un échange de prisonniers. Il a obtenu le statut de réfugié au Liban.

Ce que dit le droit

L’infraction est définie à l’article 421-2-5 du Code pénal, introduit par la loi du 13 novembre 2014. Elle consiste à inciter publiquement à porter sur des actes terroristes ou leurs auteurs un jugement favorable. La loi ne requiert ni appel explicite à la violence, ni discours de haine : une présentation favorable, même implicite, peut suffire.

Commis au moyen d’un service de communication en ligne (ici : le réseau social X), le délit est passible de 7 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende. C’est le chef d’infraction retenu dans la convocation de Rima Hassan.

Le 31 mars 2026, la Cour de cassation a rendu un arrêt (n° 24-86.949) dans lequel elle a confirmé que présenter des actes terroristes comme des actes de « résistance à l’occupation ou à l’oppression » leur confère un caractère laudatif et caractérise une apologie du terrorisme. Cet arrêt constitue un élément de jurisprudence récente susceptible d’être invoqué dans ce dossier.

Les arguments en présence

Le parquet soutient que la publication relayait des propos valorisant Okamoto sans distance critique, dans un cadre manifestement favorable. La suppression ultérieure du message et le profil de l’auteure — juriste de formation, élue européenne — figureront parmi les éléments débattus à l’audience.

La défense, assurée par Me Vincent Brengarth, conteste l’interprétation retenue : selon lui, la publication a été faite dans le cadre d’une expression relative à une « philosophie de résistance à l’oppression » et ne constitue à aucun moment une apologie des actes criminels. La défense demande par ailleurs la nullité des poursuites.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large : Rima Hassan fait l’objet de six autres procédures ouvertes, liées à des propos tenus depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Aucun verdict ne peut intervenir avant l’audience du 7 juillet 2026.

Sources