Perrier, Vittel, Hépar : ce que révèle le scandale des eaux en bouteille
Filtres interdits, bouteilles contaminées détruites par millions, soupçon de “stratégie de dissimulation” au sommet de l’État : le scandale des eaux en bouteille s’installe durablement dans le débat public.
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Ce qu’il faut savoir
Tout part d’une enquête du Monde et de la cellule investigation de Radio France, publiée début 2024 : une large partie des eaux vendues comme “minérales naturelles” ou “de source” — Perrier, Vittel, Hépar, Contrex notamment — aurait subi des traitements de purification interdits par la réglementation, dont une microfiltration à 0,2 micron alors que la norme sanitaire fixe la limite à 0,8 micron. Le groupe Nestlé Waters, propriétaire de ces marques, a fini par reconnaître avoir eu recours à des procédés non réglementaires.
Depuis, l’affaire n’a cessé de s’amplifier. Le site de Vergèze, où est produit Perrier, a dû suspendre certains forages et détruire ou bloquer plusieurs millions de bouteilles après des épisodes de contamination bactérienne. Une information judiciaire pour “tromperie” a été ouverte, et le tribunal de Nanterre a rejeté une demande de l’UFC-Que Choisir visant à retirer Perrier des rayons sous son appellation actuelle.
Le volet politique est tout aussi lourd. Une commission d’enquête sénatoriale, présentée en 2026, accuse l’État d’avoir su dès 2022 que Nestlé trichait, sans réagir efficacement — les ministères successifs de l’Industrie étant même décrits comme des points d’entrée du lobbying de l’entreprise. Les sénateurs évoquent un double scandale, à la fois industriel et politique, et ont saisi la justice pour “faux témoignage” contre un responsable de Nestlé Waters.
Une enquête complémentaire de l’UFC-Que Choisir, menée en mars 2026 sur 32 eaux en bouteille vendues en France, a par ailleurs détecté du TFA — un résidu de pesticide classé parmi les PFAS — dans deux tiers des références testées.